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LA RECO > DAZED BY THE HAZE

Shame : décryptage en trois plans

culture

Après un focus sur "The Rover" de David Michôd, perle du cinéma indé australien, suite de l'exploration avec une plongée dans le cinéma indé british.

"Shame" est le second long-métrage de Steve McQueen, oscarisé cette année pour "12 Years A Slave" et auteur du non moins brillant "Hunger" sur la grève de la faim d'un prisonnier et activiste de l'IRA (incarné par Michael Fassbender) où il explorait déjà la souffrance du corps. McQueen, également éminent plasticien, fut lauréat du prestigieux Turner Prize, prix d'art contemporain en 1999.

Dans "Shame", Michael Fassbender (acteur fétiche du réalisateur donc) incarne Brandon, un trentenaire New-Yorkais qui a réussi, en apparence bien sous tous rapports, mais complètement accro au sexe. Porno à outrance, coups d'un soir, prostituées, masturbation compulsive... Ses habitudes sont soudainement perturbées et fortement remises en question par l'arrivée de sa jeune sœur Sissy (Carey Mulligan), qu'il n'a pas vu depuis des années.

Une atmosphère potentiellement glauque et sale, mais transcendée par la virtuosité de McQueen et le jeu de ses acteurs. La descente aux enfers d'un homme à la vie régie par les pulsions, incapable de vivre une relation normale.
Ce qui pourrait se résumer à une succession de scènes plutôt crues et cul est en réalité un film d'une beauté saisissante fort de son parti pris esthétique, où la lumière reflète la personnalité et les états d'âme du personnage principal : des tons gris et froids associés à la monotonie diurne - comme l'est l'appartement de Brandon, d'un gris et blanc cliniques - qui contrastent avec la chaleur nocturne. Car c'est bien la nuit que Brandon prend vie et que la flamme de son désir maladif - réprimée tant bien que mal le reste du temps - brûle et se consume, des lumières timides de sa chambre à coucher aux néons des bas fonds de la ville.

Un film également porté par sa sublime BO qui hantera le spectateur un bon moment, tout comme l'interprétation de "New York, New York" de Carey Mulligan, pur moment de grâce.





Plan 1


La main de Brandon effleure celle de l'objet de son désir de l'instant, une femme mariée.
Le chasseur et sa proie. Les tons sont froids. Les mains sont livides.


Plan 2


Brandon allongé dans son lit. Au petit matin, teint blafard et maladif, main sur le bas-ventre, esclave de ses propres pulsions. L'image est glacée et presque iconique.   


Plan 3


Brandon part courir dans les rues de New York en pleine nuit pour reprendre son souffle mais aussi un certain contrôle sur lui-même. Les lumières de la ville scintillent. Le temps suspend son vol.


Leonard-A Shelby


Crédits : MK2 Diffusion



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