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INTERVIEW DE MOUNTAIN BIKE

interview

Fondé en 2012, le groupe franco-belge Mountain Bike s'est fait connaître avec un rock garage énergique et sans fioriture qui s'essaye avec brio à la pop. Les amateurs de Beck, Ty Segall ou même des Ramones devraient adorer. Kanard a rencontré ces quatre garçons...

Alors pour commencer, un groupe franco-belge : deux garçons du Sud de la France et deux garçons du Sud de la Belgique; comment s’est passé votre rencontre?
Stefano: On habitait à Toulouse avec Étienne, on avait le groupe Warm Toy Machine. On a essayé de partir de France pour aller voir ailleurs ce qu’on pouvait faire. Mon frère, le bassiste du groupe, avait déjà été à Bruxelles donc on est arrivés là-bas et ça s’est bien passé. Là on a rencontré Charles. Lui avait un groupe à Tournai qui s’appelle les Marvin Gays. Vu que nous on fait un peu du garage aussi c’est le groupe garage qu’on avait rencontré en premier. Étienne et Charles ont décidé de monter un projet plus calme, moins garage, plus pop. Après quelqu'un nous a présenté Aurélien et il a intégré le groupe et voilà. C’est un peu un concours de circonstances.



J’ai lu que Mountain Bike c’était la sensation sur la scène belge, ça fait quoi quand on entend ça?
Charles-Antoine: C’est marrant parce que le label nous disait qu'il pensait que y avait du potentiel avec le disque et nous on était là « Bah ouais, si ça marche ça va être chouette, si ça nous permet de faire quelques concerts tant mieux ». Et finalement, de fil en aiguille, on commence à avoir beaucoup de presse et de plus en plus de monde aux concerts. C'est pas vraiment quelque chose auquel on s’attendait donc…
Stefano: Après on essaie de faire quelque chose qui tient la route. Chacun d’entre nous avait ses projets et ses expériences. Là c’est quatre musiciens qui se rencontrent et je pense qu’on a fait ce projet avec beaucoup plus de maturité que tous les autres projets qu’on a pu avoir donc y a quand même un soucis d’aller vers quelque chose de plus accompli et de plus abouti mais c’est vrai qu’on s’attendait pas à ce qu’il y ait une réaction comme ça.
Charles-Antoine: C’est super aléatoire et c’est aussi de la chance, être là au bon moment au bon endroit, être bien entouré. On a vraiment un chouette label.
Stefano: Quand on entend qu’on est le groupe de l’été bon… C’est très flatteur mais après je pense que y a beaucoup de chance quand même.
Charles-Antoine: On s’était pas préparé à être le groupe de l’été quoi (rires). Pourvu que ça dure en tous cas ! C'était pas attendu, on est quand même contents d’être là.
Stefano: Ouais là ça commence à se mettre en route, c’est hyper motivant pour nous. Les gens accrochent à notre univers, ils voient qu'on s'entend tous bien, qu'on rigole... On sorti notre album, là on va bosser sur le deuxième et on va voir comment ça se passe.

Le dernier album, il a une sonorité plus pop par rapport à l’album précédent. C’est une volonté ?
Charles-Antoine: On voulait enregistrer un disque qu’on puisse écouter à la maison.
Stefano: Sans que ça casse les oreilles.
Charles-Antoine: C’était une première, c’était la première fois qu’on allait en studio vraiment. On a enregistré à la pro avec un bon pote ingénieur du son qui est devenu notre ingénieur du son. Je crois qu’on a mis toutes les chances de notre côté. On a enregistré séparément des prises très propres, on a passé beaucoup de temps à le mixer.
Stefano: C’est vrai qu'on était limite un peu surpris à la base. On a voulu se détacher du garage parce que y a cette connotation de garage tout le temps et on l’a fait le garage, on a fait les tournées, des trucs rock and roll, crades foireux...
Charles-Antoine: Ça use à force tu sais, les gros sons dans la gueule tout le temps…
Stefano: Après on reste fans de gros sons mais avoir au moins un studio, arriver à avoir un son écoutable et que ça fasse plaisir parce que oui on aime tous les LOFI, les trucs qui cassent, hyper stridents... On commence à aller vers des sons plus écoutables et une qualité de rendu. Et je me rends compte que ça change pas l’énergie du truc. Que les pistes soient propres et que ça aille pas dans le rouge, si le morceau est bien ça reste un morceau bien, l’énergie elle est là. Donc je pense qu’on va plus vers ça et je pense qu’on est pas les seuls.
Charles-Antoine: Disons qu’on a plus changé les méthodes que la formule.



Justement j’ai l’impression que vous cultivez un côté rétro et vous arrivez à le conserver très bien alors que justement on est plus dans le garage, on est plus sur du pop
.
Charles-Antoine: C’est notre background qui nous poursuit je pense.
Stefano: C’est ça qui est marrant c’est que y a une sonorité sur l’album, comme tout le monde nous dit, très 90s ça c’est clair. Mais après on vient de là et je pense qu’un live on arrive à reproduire tout ça. Un live ça reste le seul moyen de reproduire ce qu’on est, ça reste beaucoup plus intense que sur l’album. L’album y a un travail de fond, le live ça reste du défouloir entre guillemets. Ça reste notre interprétation qui est quand même celle là.
Charles-Antoine: C’est vrai que le 60s c’est quand même la grosse source d’inspiration de toute la musique qu’on a écouté ces dix dernières années. Tout vient de là donc ça laisse des traces.

Ce sont vos influences ?
Charles-Antoine: Je crois que c’est presque malgré nous. Par exemple les plans batterie j'ai toujours joué comme ça, je peux pas jouer autrement. Quelque part c’est plus quelque chose qui s’impose à nous plus qu’autre chose.

Y a un groupe de cette mouvance qui vous a influencé particulièrement ?
Charles-Antoine: Y a Ty Segall. On est vraiment très très fans de Ty Segall. On a eu l’occasion de jouer avec lui l’année dernière et c’était vraiment un rêve de gosse qui se réalise.
Stefano: Pour te dire quand on a joué avec eux au VK (salle à Bruxelles), on parlait justement de l’énergie des morceaux. Ce mec il a fait le concert avec deux guitares acoustiques, une basse, une batterie et y a pas des grosses fuzz comme il peut faire mais le morceau est puissant de toutes manières. Tu vois ses albums précédents même à l’acoustique ça donnait super bien.
Charles-Antoine: Un bon morceau il doit pouvoir sonner. S'il peut sonner bien avec une guitare sèche, y a pas de raison qu'il sonne mal avec une guitare électrique.

[Étienne et Aurélien nous rejoignent]

Aurélien: A la mandoline aussi c’est bien.
Stefano: C'est surtout la base. Si un morceau sonne bien à la mandoline...
Étienne: C'est que ça va être de la bombe.
Stefano: T’as fini de jouer, t’as envie de dire des conneries.

Là vous êtes à Dour, pour vous c’est quoi le symbole de Dour?
Aurélien: C’est la déglingue et la défonce (rires).
Charles-Antoine: Aurélien et moi on est de la maison. On a grandi à Tournai, c’est à un jet de pierre d’ici et on y est déjà allé. Chez nous, les ados ils vont à Dour donc forcément j’y suis allé plein de fois.
Aurélien: Y a vraiment un esprit fédérateur avec le Dour je trouve. C’est peut-être parce qu’il est plus proche de chez nous mais je trouve l’esprit éloigné de pas mal de festivals ici. Tu sens que y a plein de catégories de gens qui y vont, y en a qui sont vraiment là pour la musique et le coté un peu pointu de l’affiche, le côté découverte. Et après y a ceux qui viennent pour se saouler, ça fait partie du truc aussi.
Stefano: Moi c’est la première fois que je viens à Dour et c’est un peu le truc on disait c'est ou la musique ou la grosse déglingue. Mais surtout tous les gens que j’ai rencontré qui ont fait Dour c’était « Hou... Quatre jours c’est dur ».
Charles-Antoine: Dour c’est la Belgique !
Aurélien: Et puis y a de la bière pas chère !
Étienne: Même pour la Wallonie je trouve ça bien que ça se passe dans cette partie de la Belgique. Je trouve ça bien que y ait des prix abordables, des groupes un peu de tous les horizons comme nous pas connus jusqu’à Cypress Hill, c’est bien que tout ça se côtoie.
Je me rappelle quand j’habitais à Perpignan, dans Rock & Folk t’avais toujours une chronique sur Dour. T’as toujours eu des bonnes têtes d’affiches et là cette année je crois qu’ils veulent encore battre tous les records d’audience.



J’ai vu votre dernier shooting, vous portez des maillots de basket. Alors la plupart des gens ne verront que les maillots mais moi j’ai surtout vu que vous aviez pas de culotte.

Étienne: Ah si justement ! Un slip court mais un slip !

Pourquoi les maillots de baskets alors ?
Aurélien: Charles en faisait collection, on cherchait une connerie et on l’a faite.
Stefano: Les choix de Mountain Bike sont souvent basés sur les conneries. Moins on se prend au sérieux, plus on fait de la merde, plus on se dit « Bah c’est la vie quoi, allez ! ». Ce qui nous fédère c’est la connerie ! (rires)
Étienne: C’est vrai que c’est des beaux maillots.
Charles-Antoine: Oui je me levais la nuit pour aller voir les matches de basket quand j’étais gamin et j’ai eu l’occas' en faisant les fripes de mettre la main sur les maillots des joueurs dont j’étais fan. J’avais ça à la maison et pour une photo on s’est dit « Pourquoi on les essayerait pas ? ». Et puis là ça commence un peu à nous coller à la peau j’ai l’impression.
Stefano: C’est le deuxième concert avec les maillots. On a fait d’autres concerts avec des robes, des robes qu’on avait utilisé pour le clip. Et là on se disait on va sûrement se faire un petit stock de déguisements… pour rigoler quoi. Quand c’est trop sérieux c’est pas crédible !
Charles-Antoine: Sinon y a l’option de mettre des vestes en cuir, des converses, des lunettes fumées… (rires)

C’est un peu plus conventionnel…
Charles-Antoine: Et puis généralement, les mecs en sont morts donc bon… (rires)

J'imagine que vous avez d’autres projets en tête évidemment. Est-ce que y a quelque chose que vous voudriez vraiment faire, un objectif que vous vous êtes fixé ou un projet secret ?
Charles-Antoine: J’aimerais beaucoup qu’on fasse un featuring avec Beyoncé. C’est en négociation avec son manager et le notre, faut qu’on se mette d’accord sur les termes du contrat.

Faut voir avec Jay-Z.
Charles-Antoine Jay-Z est ok, c’est plus le management.
Stefano: Jay-Z a dit "Pas de problème, je vous la laisse !".
Étienne: Tu crois qu’on pourra faire un selfie avec elle ?
Charles-Antoine: Même plus mec.
Étienne: Sinon on travaille sur un deuxième album et on va essayer de partir sur la France à partir de cet automne. On espère, peut-être l’année prochaine, jouer sur plus de festivals en France.
Aurélien: La sortie se prépare en tous cas.


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Facebook : https://www.facebook.com/mountainbikeband
Bandcamp : http://mountainbike.bandcamp.com/


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